Une initiative germano-mozambicaine mise sur des solutions fondées sur la nature pour renforcer la résilience de la ville aux inondations.

La ville côtière de Beira, au Mozambique, fortement exposée aux effets du changement climatique, se transforme en « ville-éponge » (« sponge city ») afin de mieux résister aux inondations et aux épisodes de pluies extrêmes, plusieurs années après le passage dévastateur du cyclone Idai, l’une des tempêtes les plus meurtrières jamais enregistrées en Afrique.

Située à peine au-dessus du niveau de la mer, Beira, qui compte environ 500.000 habitants, avait été durement frappée par Idai en mars 2019. Le cyclone avait fait des centaines de morts au Mozambique et provoqué d’importantes destructions dans la ville.

Les gouvernements du Mozambique et de l’Allemagne, la municipalité de Beira et leurs partenaires ont depuis engagé un vaste programme visant à renforcer la résilience urbaine, avec notamment un cofinancement de la Banque mondiale et des Pays-Bas.

Absorber et retenir l’eau

Le projet repose sur la restauration des zones humides, l’amélioration des systèmes de drainage et le développement d’infrastructures vertes. L’objectif est de permettre à la ville d’absorber, de stocker puis de restituer progressivement les eaux de pluie, à l’image d’une éponge.

Selon les autorités, ce dispositif renforce déjà la résilience climatique et la sécurité de plus de 550.000 personnes. Le long du corridor restauré de la rivière Chiveve, sur 3,5 kilomètres, un nouveau parc urbain de 17 hectares a vu le jour, devenant un espace public très fréquenté.

Cet aménagement profite aussi à l’économie locale : 165 entreprises et vendeurs des marchés bénéficient désormais de nouvelles opportunités économiques générées par le parc.

La résilience climatique peut créer des emplois

« Le parc montre comment la résilience climatique peut créer des emplois, tout en offrant de meilleurs espaces de vie et de rencontre », souligne le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).

La restauration des mangroves et des zones humides contribue également à absorber les eaux de pluie et à préserver les espaces naturels. Pour les promoteurs, l’expérience de Beira illustre la manière dont les solutions fondées sur la nature peuvent aider les villes à faire face à l’aggravation des risques climatiques, tout en améliorant la qualité de vie et en renforçant la participation des communautés.

Le projet entend ainsi tirer les leçons du cyclone Idai pour préparer Beira à de futurs événements climatiques extrêmes et en faire une ville plus sûre et plus agréable à vivre pour les générations futures.

dpa