Appelé à répondre des faits présumés de détournement de deniers publics, l’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP) a comparu vendredi 30 octobre devant la CRIEF. Face aux magistrats, il a contesté les accusations, évoqué des pressions présumées du président du conseil d’administration et justifié l’absence de certains documents par les conséquences de l’explosion du dépôt pétrolier de Coronthie.
L’audience de Mandian Sidibé devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a été marquée par plusieurs explications sur les conditions de gestion de l’Office guinéen de publicité (OGP). Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, l’ancien directeur général a rejeté les accusations et contesté la manière dont son passage à la tête de l’institution est aujourd’hui mis en cause.
À la barre, l’ancien journaliste a dénoncé l’existence d’un complot visant, selon lui, à compromettre sa réputation auprès du président de la République. Dans sa déposition, il a particulièrement mis en cause le président du conseil d’administration de l’OGP, qui exerce également les fonctions de conseiller personnel du chef de l’État.
Le prévenu lui reproche notamment des interventions présumées dans la gestion des ressources humaines de l’établissement. Il affirme avoir été confronté à une contradiction entre les positions publiques du PCA sur les recrutements et ses demandes formulées en privé.
« Au moment où le président du CA déclarait publiquement que les recrutements étaient interdits, en privé, il m’en imposait », a-t-il déclaré devant les juges.
Ces accusations constituent l’un des principaux éléments de la ligne de défense développée par Mandian Sidibé au cours de cette audience. Elles n'ont toutefois pas, à ce stade, fait l'objet d'une appréciation contradictoire permettant d'en établir la matérialité.
Des documents comptables introuvables après l’incendie de Coronthie
L’autre point sensible de l’interrogatoire concerne les pièces comptables et les justificatifs administratifs dont la cour a relevé l’absence. Sur ce volet, l’ancien patron de l’OGP a invoqué une circonstance exceptionnelle : l’explosion du dépôt central de carburant de Coronthie, en décembre 2023.
Selon ses explications, la proximité de l’ancien siège de l’OGP avec le site sinistré aurait entraîné la destruction de plusieurs archives de l’établissement. Une situation qu’il dit avoir portée à la connaissance de ses deux départements de tutelle par correspondance.
« Après l’explosion, notre siège a été détruit, y compris les documents qui étaient pourtant bien rangés. J’ai écrit aux deux départements de tutelle pour les informer de la situation », a-t-il expliqué.
Cette justification soulève une question importante dans l’examen du dossier : celle de la disponibilité des pièces permettant de retracer les opérations financières effectuées sous son administration. Il appartiendra à la juridiction d’apprécier les circonstances de leur disparition et la portée des explications avancées par le prévenu.
La procédure se poursuit
Après plusieurs échanges avec les magistrats, le président de la cour a suspendu les débats. La reprise de l’audience était annoncée après la prière du vendredi.
La suite des débats devra permettre de poursuivre l’examen des faits reprochés à l’ancien directeur général et de confronter ses explications aux éléments du dossier.
Pour l’heure, Mandian Sidibé conteste les accusations portées contre lui. Aucune décision sur sa culpabilité n’a été rendue dans cette affaire. Il demeure présumé innocent jusqu’à une éventuelle décision définitive de condamnation.
La rédaction



