En marge du troisième sommet Russie-Afrique, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, accompagné d’une délégation nigérienne, a été reçu jeudi 29 octobre par le président de la transition malienne, Assimi Goïta. Au cœur des échanges : le bilan du sommet et les perspectives de coopération entre la Russie et la Confédération des États du Sahel (AES).

La séquence diplomatique s’est poursuivie loin des capitales sahéliennes. À Moscou, où se tient le troisième sommet Russie-Afrique, les représentants du Burkina Faso et du Niger ont rencontré, jeudi 29 octobre, le président de la transition du Mali, le général d’armée Assimi Goïta. L’audience, accordée à sa résidence de séjour dans la capitale russe, s’inscrit dans une série de consultations entre les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel.

Conduit par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, l’échange a d’abord été marqué par la transmission des salutations des chefs d’État burkinabè et nigérien, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani. Une démarche que le chef du gouvernement burkinabè a présentée comme un témoignage des liens de proximité entre les responsables des trois pays.

« C’était l’occasion pour nous de lui traduire toutes nos civilités et toute notre admiration », a-t-il déclaré à l’issue de la rencontre.

Au-delà de cette dimension protocolaire, l’entretien a surtout permis aux délégations de revenir sur leur participation au rendez-vous organisé par Moscou. Les discussions ont porté sur les engagements pris avec la Russie et les moyens d’en assurer le suivi, aussi bien dans le cadre des relations bilatérales que dans celui de la coopération confédérale.

Un partenariat russe au cœur des discussions

Les responsables burkinabè et nigériens ont également sollicité les orientations du dirigeant malien sur les prochaines étapes de cette coopération. Pour Ouagadougou, Niamey et Bamako, l’enjeu consiste notamment à inscrire les initiatives nationales dans une démarche commune, tout en consolidant les relations stratégiques avec la Fédération de Russie.

« Nous avons bénéficié de ses orientations, nous avons bénéficié de ses conseils », a souligné Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, évoquant la portée des échanges avec le président malien.

Cette rencontre intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre les trois États sahéliens, qui ont constitué l’AES après leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Depuis sa création, la Confédération entend développer des mécanismes de coopération dans plusieurs domaines, notamment la défense, la diplomatie et le développement économique.

La cohésion de l’AES mise en scène à Moscou

La présence simultanée de représentants burkinabè, maliens et nigériens dans la capitale russe donne une visibilité particulière à cette concertation. Elle intervient alors que les trois pays cherchent à renforcer leurs relations avec des partenaires extérieurs, dans un environnement régional marqué par la recomposition des alliances diplomatiques et sécuritaires.

Reste désormais à traduire les orientations évoquées à Moscou en engagements concrets. Si les déclarations des responsables témoignent d'une volonté de poursuivre la coopération avec la Russie, leur portée dépendra de la mise en œuvre des accords et des projets annoncés.

À Moscou, la rencontre entre Assimi Goïta, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo et la délégation nigérienne aura ainsi servi de cadre à un nouvel échange sur l'avenir du partenariat entre l'AES et la Russie, mais aussi sur la coordination des trois États dans leurs démarches diplomatiques.

La rédaction