La Côte d'Ivoire a vu son couvert forestier passer de plus de 12 millions d'hectares au début des années 1960 à moins de trois millions d'hectares aujourd'hui.

La Côte d'Ivoire a lancé la deuxième phase (2026-2028) d'un programme destiné à améliorer la gestion des ressources naturelles autour des parcs nationaux de la Comoé (nord-est) et de Taï (sud-ouest), tous deux inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, ainsi que de la réserve naturelle de Bossématié (est), grâce à un financement allemand de 18 millions d'euros.

Intitulé « Gouvernance et gestion durable des ressources naturelles en Côte d'Ivoire » (Pro2GRN), le programme est mandaté par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). La nouvelle phase est mise en œuvre par le ministère ivoirien de l'Environnement et de la Transition écologique, avec l'appui de l'agence allemande de coopération internationale (GIZ). Elle porte, selon le ministère, sur

  • la planification régionale et la gestion concertée des ressources naturelles,

  • la gestion des aires protégées et conservées,

  • les innovations agroécologiques et l'agroforesterie et le renforcement des capacités des institutions

  • et le cadre d'action pour la biodiversité et le climat.

L'ambassade d'Allemagne en Côte d'Ivoire a précisé que le programme prévoit de soutenir les femmes porteuses d'initiatives économiques innovantes dans le secteur agroécologique, de restaurer les écosystèmes, de renforcer la gestion des aires protégées de Taï, de la Comoé et de Bossématié, et de développer l'agroforesterie et l'agroécologie afin de diversifier et de rendre plus durable la production agricole.

Optimisation des pratiques agricoles

Cofinancée par l'Union européenne (UE), la première phase du Pro2GRN (2020-2025) avait bénéficié de 23,8 millions d'euros du BMZ. Ses actions se sont concentrées sur l'optimisation des pratiques agricoles des petits exploitants, la restauration des sols dégradés par l'agroforesterie et le renforcement des capacités des autorités de protection de la nature.

Les initiatives s'adressent prioritairement aux communautés locales, en particulier aux femmes et aux jeunes, afin de concilier croissance économique rurale et protection des écosystèmes.

Une forêt fortement réduite

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d'Ivoire a vu son couvert forestier reculer de plus de 12 millions d'hectares au début des années 1960 à moins de 3 millions d'hectares aujourd'hui, selon les données officielles.

Cette dégradation est principalement attribuée à l'expansion de l'agriculture extensive, à l'utilisation du bois de chauffage, à l'exploitation minière et à la pression démographique. Les forêts restantes se concentrent pour l'essentiel dans les parcs nationaux de la Comoé et de Taï et dans la forêt de Bossématié, classée réserve naturelle en 2022.

Face à cette situation, le gouvernement ivoirien a adopté en 2019 une stratégie nationale visant à porter le taux de couverture forestière à 20 pour cent du territoire d'ici à 2030. En combinant agroforesterie et sécurisation foncière, les autorités espèrent favoriser une gestion durable des terres et limiter le défrichement des dernières forêts classées du pays.

dpa