Le temps d’une soirée, Conakry a renoué avec les grandes heures du rap national. Réunis vendredi soir à l’hôtel Mariador Palace, les pionniers du hip-hop guinéen ont retrouvé la scène et leur public, dans une ambiance marquée par la nostalgie, les retrouvailles et la célébration d’un patrimoine musical.

Les anciens sont de retour, et ils n’ont rien perdu de leur histoire. Vendredi soir, l’hôtel Mariador Palace s’est transformé en véritable temple du hip-hop guinéen à l’occasion de la soirée VIP de Guinée Old School. Une initiative qui a réuni plusieurs générations autour de ceux qui ont posé les premières pierres du rap en Guinée.

Pour l’occasion, Conakry a retrouvé quelques-uns des noms qui ont marqué les années 1990. Fac Alliance, Methodik, Deeg J Force 3 et Kill Point ont notamment renoué avec les projecteurs, sous les yeux d’un public venu célébrer une époque qui a profondément marqué la musique urbaine nationale. Certains artistes, installés depuis plusieurs années en Europe et ailleurs dans le monde, ont également effectué le déplacement pour prendre part à ces retrouvailles.

La célébration a aussi franchi les frontières guinéennes avec la participation de Positive Black Soul, formation emblématique du hip-hop sénégalais. Une présence qui a donné une dimension régionale à cette soirée placée sous le signe de la mémoire musicale.

Une soirée qui dépasse le cadre du spectacle

Au Mariador Palace, l'événement n'a pas seulement attiré les passionnés de rap. Quatre membres du gouvernement ont répondu présents, notamment les ministres en charge de la Culture, de l'Économie, du Budget et des Finances, de la Fonction publique, ainsi que des Pêches et de l'Économie maritime. D'anciens ministres, des anciens maires, des directeurs généraux et plusieurs autres personnalités ont également pris part à la rencontre.

Prenant la parole, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l'Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a inscrit l'initiative dans une démarche de transmission culturelle. Pour lui, Guinée Old School représente une occasion de rendre hommage à ceux qui ont contribué à construire l'identité du hip-hop guinéen et de préserver leur héritage au bénéfice des nouvelles générations.

Le ministre a salué la mobilisation des artistes et du public, tout en réaffirmant la disponibilité de son département à accompagner les pionniers et à favoriser les passerelles entre les figures historiques du mouvement et les jeunes artistes.

La transmission comme prochain défi

La présence de plusieurs membres du gouvernement a également été présentée par Moussa Moïse Sylla comme un signe de soutien aux initiatives culturelles. Il l'a notamment rattachée au deuxième pilier de la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, consacré à la culture et à l'éducation.

Au-delà des retrouvailles et des performances, Guinée Old School remet ainsi sur la table une question essentielle pour l'industrie musicale guinéenne : celle de la reconnaissance et de la valorisation de ses pionniers.

Car si les tendances musicales évoluent, les fondations du mouvement restent. Et au Mariador Palace, le temps d'une soirée, les voix qui ont accompagné les premières grandes heures du rap guinéen ont rappelé qu'elles avaient encore leur place dans le paysage musical national. Une mémoire à préserver, mais surtout un héritage à transmettre.

La rédaction