Quinze ans de compétition internationale, plusieurs podiums majeurs, puis un arrêt brutal à 32 ans. Elle revient pour Fleed sur une reconversion qu'elle décrit comme plus difficile que n'importe quelle compétition sportive.

Fleed : Comment se passe concrètement l'arrêt d'une carrière de sportive de haut niveau ?

Personne ne vous prépare vraiment à ce moment. On construit toute son identité autour de la performance pendant quinze ans, et du jour au lendemain, ce repère disparaît. Les fédérations font des efforts sur l'accompagnement, mais ça reste très insuffisant.

Quel a été le moment le plus difficile ?

Les six premiers mois. On m'a proposé un poste dans l'encadrement, mais psychologiquement je n'étais pas prête à rester dans cet environnement en n'étant plus performeuse. C'est un sujet dont on ne parle presque jamais dans le sport de haut niveau.

Qu'est-ce qui vous a aidée à vous reconstruire ?

Accepter de repartir de zéro dans un domaine complètement différent. J'ai repris des études à 33 ans, entourée d'étudiants de vingt ans. Ça a été humiliant sur le moment, mais ça m'a permis de reconstruire une identité qui ne dépendait plus uniquement de la performance sportive.

Quel conseil donneriez-vous aux athlètes encore en activité ?

Construire dès maintenant, en parallèle de la carrière sportive, une autre part de son identité. Ce n'est pas un manque d'engagement envers le sport, c'est une nécessité pour ne pas s'effondrer le jour où tout s'arrête.