Lors d’un atelier à Nairobi, le représentant de l’UE a souligné que le contrôle indépendant des mécanismes antiterroristes est un pilier central de la coopération sécuritaire européenne.

L’organisation ARTICLE 19 a appelé à soumettre les institutions chargées de lutter contre le terrorisme en Afrique à un contrôle indépendant, afin d’éviter que la lutte antiterroriste ne serve de prétexte à des atteintes aux libertés publiques et aux droits humains.

L’ONG internationale de défense des droits de l’homme a mis en garde contre les dangers d’une sécurisation accrue en Afrique, notamment pour les journalistes, les activistes numériques, les défenseurs des droits humains et les opposants politiques. Elle a préconisé de renforcer le contrôle indépendant des services de sécurité et des mécanismes de lutte contre le terrorisme, afin de garantir que leurs opérations respectent les droits humains et l’État de droit.

Défenser des droits de l'homme

L’appel a été lancé à l’issue d’un atelier à Nairobi, organisé par ARTICLE 19 Eastern Africa, le Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’homme (RINADH) et l’International Institute for Justice and the Rule of Law (IIJ), qui a réuni des représentants de 11 institutions nationales des droits de l’homme (INDH) africaines.

L’ambassadeur adjoint de l’Union européenne au Kenya a averti que les réponses sécuritaires qui se font au détriment des droits de l’homme tendent à alimenter l’extrémisme plutôt qu’à le prévenir. Selon lui, une approche fondée sur les droits humains constitue une condition sine qua non d’une lutte antiterroriste efficace.

Selon le directeur exécutif du RINADH, Gilbert Sebihogo, les violations perpétrées par l'État, telles que les exécutions extrajudiciaires et les détentions arbitraires, poussent les populations vers l'extrémisme, tandis que le respect des droits instaure la confiance nécessaire à une réponse impliquant l'ensemble de la société.

Il a préconisé notamment un contrôle indépendant des détentions, un examen des lois de sécurité nationale au regard de la Charte africaine, la protection de l’espace civique face à la surveillance numérique et un dialogue avec les services de sécurité.

dpa