À Bor, 80 jeunes Sud-Soudanais entament trois mois de formation dans plusieurs métiers. Un programme soutenu par la Corée du Sud et la Mission des Nations unies au Soudan du Sud mise sur les compétences pratiques pour favoriser l’emploi et l’entrepreneuriat.
À Bor, dans l’État de Jonglei, l’apprentissage d’un métier se veut aussi une réponse au chômage et à la précarité. Quatre-vingts jeunes Sud-Soudanais viennent d’intégrer un programme de formation professionnelle organisé au sein de la Dr. John Garang Memorial University of Science and Technology.
Le dispositif est porté par l’unité Hanbit de la République de Corée, déployée auprès de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS). Pendant trois mois, les participants seront formés à des métiers directement applicables : menuiserie, électricité, plomberie, agriculture et élevage de volailles.
L’objectif est moins de préparer les stagiaires à de longues études que de leur permettre d’acquérir rapidement des compétences susceptibles de déboucher sur un emploi, une activité indépendante ou une petite entreprise.
Apprendre un métier pour travailler
Pour certains participants, la formation représente d’abord une perspective d’autonomie financière. Othow Omot, qui a choisi l’électricité, espère pouvoir compter sur ses nouvelles compétences pour subvenir lui-même à ses besoins.
D’autres voient dans les métiers proposés une réponse à des besoins locaux. La plomberie, notamment, apparaît comme une activité liée au développement des infrastructures d’eau et d’assainissement dans l’État de Jonglei.
L’agriculture et l’élevage de volailles constituent également des filières privilégiées par plusieurs stagiaires. Pour Ajang Abraham, développer la production alimentaire peut contribuer à renforcer les revenus des ménages, mais aussi à réduire certaines tensions liées à l’accès aux ressources.
Un programme lancé en 2015
Le dispositif Hanbit n’est pas nouveau. Depuis son lancement en 2015, 862 personnes ont déjà été formées dans différents domaines, dont la boulangerie et la maçonnerie.
Certains anciens stagiaires ont ensuite trouvé un emploi auprès des Nations unies ou d'entreprises locales. D’autres ont créé leur propre activité, illustrant l’objectif affiché du programme : faire de la formation professionnelle un outil d’insertion économique.
Le vice-chancelier de l’université, Abraham Matoc Dhal, a salué le soutien apporté par la Corée du Sud à l’établissement. Le site de l’école professionnelle a notamment été rendu possible grâce à la mise à disposition de terrains par l’université.
« Ne pas attendre qu’on vous offre un emploi »
Pour l’UNMISS, l’enjeu dépasse la seule acquisition de compétences techniques. La formation est également présentée comme un moyen de renforcer la résilience économique des communautés.
Geetha Pious, responsable du bureau de terrain de l’UNMISS, a ainsi encouragé les participants à transformer leurs compétences en activités économiques plutôt qu’à attendre un recrutement formel.
Le colonel Joang-Dae Lee, commandant de l’unité Hanbit, décrit pour sa part le centre comme un lieu destiné à transmettre non seulement des savoir-faire, mais aussi la confiance nécessaire pour entreprendre.
Pour les 80 jeunes de Bor, les trois prochains mois auront donc une finalité concrète : apprendre un métier, puis tenter de le transformer en source de revenus.
La rédaction



