L’Allemagne et le Kenya sont liés depuis 2024 par un accord de partenariat global sur la migration et la mobilité.

Le Kenya a signé un protocole d'accord avec plusieurs institutions allemandes afin de renforcer la coopération en matière de mobilité professionnelle et de faciliter l'accès des travailleurs kenyans qualifiés à des emplois en Allemagne, où la demande de main-d'œuvre qualifiée reste forte.

Le protocole d'accord associe le département d'État kényan chargé des Affaires de la diaspora (SDDA), d'une part, et AHK Services Eastern Africa - une structure du réseau des Chambres de commerce allemandes à l'étranger (AHK) -, la Chambre de commerce et d'industrie de Nuremberg (IHK Nürnberg für Mittelfranken), le Work-and-Stay Center Mittelfranken et l'Office fédéral allemand pour la migration et les réfugiés (BAMF), d'autre part.

Il vise notamment à développer les compétences, à faciliter la reconnaissance des qualifications et à renforcer la préparation linguistique des candidats kenyans. La maîtrise de l'allemand est considérée comme essentielle pour l'intégration et l'exercice professionnel.

Un accent sur le recrutement éthique

Le SDDA a insisté sur la nécessité d'un recrutement éthique, d'informations fiables et de contrats de travail transparents afin de protéger les travailleurs avant leur départ et durant leur parcours professionnel.

Le protocole d'accord s'inscrit dans le cadre de l'Accord de partenariat global sur la migration et la mobilité (« Comprehensive Migration and Mobility Partnership Agreement », CMMPA) conclu en 2024 entre l'Allemagne et le Kenya.

Le CMMPA ouvre des voies de migration légale pour les travailleurs kényans qualifiés et semi-qualifiés vers l'Allemagne dans des secteurs en forte demande tels que l'ingénierie, les technologies de l'information, les soins infirmiers, le transport, la maçonnerie, l'électricité et la plomberie.

Reposant sur la nouvelle loi allemande sur l'immigration qualifiée, le CMMPA facilite l'accès au marché du travail allemand pour les professionnels kényans dans les secteurs en pénurie, en simplifiant les procédures de visa et de reconnaissance des diplômes. Il soutient également la formation professionnelle locale au Kenya afin d'aligner les compétences sur les standards européens et facilite l'accès des étudiants kényans aux universités allemandes.

La coopération sur les retours

En contrepartie, le Kenya s'engage à faciliter le rapatriement de ses ressortissants n'ayant pas ou plus le droit de séjour en Allemagne, notamment par l'utilisation de données biométriques à des fins d'identification.

Pour la première fois avec un pays d'Afrique subsaharienne, l'accord prévoit le recours à des données biométriques pour accélérer l'identification des déboutés du droit d'asile, avait indiqué le ministère fédéral allemand de l'Intérieur.

En 2025, le Kenya et l'Allemagne se sont accordés sur une progression maîtrisée de la migration légale dans les domaines du travail, de l'éducation et de la formation.

Un besoin structurel de main-d'œuvre

Dans son accord de coalition, le gouvernement fédéral allemand, formé après les élections législatives de février 2025, a présenté des réformes d'ampleur destinées à opérer un « changement de paradigme » visant à réduire l'immigration irrégulière et à accroître l'immigration légale.

« En l'absence d'immigration supplémentaire », le nombre de travailleurs en Allemagne pourrait passer de 46,4 millions actuellement à 41,9 millions en 2040, soit une baisse de 10 pour cent, et atteindre 35,1 millions en 2060, selon une étude de la fondation allemande privée Bertelsmann publiée en novembre 2024.

« Pour répondre aux besoins du futur marché du travail et éviter un effondrement de la population active potentielle, il faudra environ 288 000 travailleurs internationaux par an d'ici 2040 », d'après l'étude intitulée « Immigration et marché du travail – Analyse pour l'Allemagne et les Länder ».

dpa