À Manhiça, dans la province de Maputo, les États-Unis et le Mozambique ont lancé mardi 22 septembre le projet « Nourish to Learn », une initiative de six ans destinée à améliorer l’accès à l’alimentation scolaire et les conditions d’apprentissage de plus de 80 000 enfants chaque année.

Dans la cour de l’école primaire de Cuanine, à Manhiça, l’enjeu dépasse largement celui d’un repas servi à la cantine. Pour les autorités mozambicaines et américaines, l’alimentation scolaire doit aussi devenir un levier pour maintenir les enfants à l’école et améliorer leurs résultats.

C’est le pari du projet « Nourish to Learn », officiellement lancé mardi dans la province de Maputo. Soutenue à hauteur de 40 millions de dollars par le département américain de l’Agriculture (USDA), l’initiative doit permettre de servir 75 millions de repas scolaires dans 245 écoles primaires au cours de sa mise en œuvre, au bénéfice de plus de 80 000 enfants chaque année.

Le programme, prévu d’octobre 2025 à septembre 2031, sera mis en œuvre par Save the Children, en coordination avec le Programme national d’alimentation scolaire (PRONAE) ainsi qu’avec les services provinciaux et locaux.

Le repas comme outil contre l’absentéisme

Dans les districts de Magude, Manhiça, Moamba et Matutuíne, le projet vise à agir sur plusieurs dimensions de la scolarité : l’inscription des enfants, leur assiduité et leurs capacités d’apprentissage.

L’idée est simple : en améliorant l’accès à des repas réguliers à l’école, le programme entend contribuer à créer de meilleures conditions pour que les enfants restent en classe et puissent apprendre.

La chargée d’affaires des États-Unis au Mozambique, Abigail L. Dressel, a présenté cette coopération comme un investissement commun dans l’avenir du pays. « Ensemble, nous investissons dans l’avenir du pays », a-t-elle déclaré lors de la cérémonie, en soulignant la dimension stratégique de la coopération entre Washington et Maputo.

Le projet s’inscrit dans le prolongement d’un protocole d’accord financé par l’USDA et signé le 19 mai entre le ministère mozambicain de l’Éducation et de la Culture et Save the Children International au Mozambique.

Produire localement pour inscrire le programme dans la durée

Au-delà de la distribution de repas, les promoteurs du projet veulent également renforcer les capacités locales. Des enseignants, directeurs d’écoles, membres des conseils scolaires et responsables des districts bénéficieront notamment de formations consacrées à la sécurité alimentaire, à l’éducation nutritionnelle et au suivi numérique des présences.

Le gouvernement mozambicain a, de son côté, annoncé son intention de donner la priorité aux écoles participantes au fur et à mesure de l’expansion du PRONAE. L’objectif est de permettre une intégration progressive des interventions dans le dispositif national d’alimentation scolaire.

Le gouverneur de la province de Maputo, Manuel Simão Tule, a insisté sur cette dimension. Pour lui, la pérennité du programme dépendra de la capacité des institutions, des écoles et des communautés à travailler ensemble, à suivre les résultats et à assurer une utilisation transparente des ressources.

Il a également appelé les écoles et les communautés à profiter de cette dynamique pour développer leurs propres initiatives de production alimentaire. Une manière, selon les autorités, de ne pas limiter le programme à l’aide extérieure mais de l’inscrire progressivement dans les capacités locales.

Plus de 12 000 tonnes de produits pour les écoles

La logistique du programme donne la mesure de l’opération. Plus de 9 800 tonnes de denrées provenant d’exploitations agricoles américaines doivent être acheminées vers les écoles mozambicaines.

À ces volumes s’ajouteront environ 2 390 tonnes de produits frais et de denrées achetés localement et dans la région, notamment des fruits, des légumes, de la farine de maïs enrichie et des niébés.

Le dispositif prévoit également un modèle de collecte et de suivi des données partagé avec le Technical School Feeding Council (CTAE), afin de renforcer le contrôle de la mise en œuvre et la transparence du programme.

À Manhiça, le lancement de « Nourish to Learn » matérialise ainsi une approche qui associe alimentation, éducation et développement local. Pour les autorités mozambicaines comme pour leurs partenaires américains, l’enjeu des prochaines années sera désormais de transformer ces ressources en présence régulière à l’école, en repas effectivement distribués et, surtout, en progrès durables pour les enfants.

La rédaction