À Koupéla, le ministre d’État Ismaël Sombié a échangé avec producteurs, éleveurs, maraîchers, transformateurs et autres acteurs des filières agropastorales sur les difficultés de la campagne 2026-2027.
À Koupéla, dans la région du Nakambé, les acteurs du monde rural ont profité du passage du ministre d’État chargé de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques pour dresser un état des lieux de leurs activités. La rencontre s’inscrivait dans le cadre de la tournée de suivi de la campagne agropastorale 2026-2027.
Producteurs agricoles, éleveurs, pêcheurs, maraîchers, transformateurs et producteurs semenciers ont exposé leurs difficultés, mais aussi leurs propositions pour améliorer la production et la commercialisation. Au fil des échanges, plusieurs préoccupations récurrentes sont apparues : accès à l’eau, équipements, intrants, stockage, financement et débouchés commerciaux.
L’eau et les équipements au cœur des préoccupations
Dans l’élevage, les acteurs ont demandé un renforcement de l’accès aux aliments pour bétail ainsi que l’aménagement d’espaces destinés à l’embouche.
La gestion des ressources en eau constitue également un enjeu majeur. Les acteurs ont plaidé pour la poursuite du curage des barrages et une meilleure protection des retenues d’eau, dont la capacité peut être affectée par certaines activités, notamment le maraîchage.
Du côté des producteurs de riz, de maïs, de blé, d’arachide et de manioc, les demandes portent notamment sur les équipements agricoles, les intrants et la sécurisation de l’accès à l’eau. La réalisation de forages à gros débit et la réhabilitation des plaines aménagées figurent parmi les attentes exprimées.
La situation de la plaine de Itengué, confrontée à l’extension urbaine, a également été évoquée.
Des difficultés de production, mais aussi de commercialisation
Pour les producteurs semenciers, les efforts engagés pour l’enlèvement des productions, annoncé à hauteur de 20 000 tonnes par an, constituent un point positif. Ils demandent toutefois davantage d’équipements, notamment des motoculteurs et des batteuses-vaneuses, ainsi qu’un renforcement des capacités de stockage et une meilleure disponibilité des semences dans les points de vente.
Les producteurs d’arachide ont, de leur côté, insisté sur la lutte contre l’aflatoxine et l'utilisation de pesticides non homologués. La question des prix pratiqués sur les marchés, en dehors des mécanismes d’achat de la SONAGESS, a également été soulevée.
Chez les maraîchers, la disponibilité de l’eau reste une préoccupation centrale. Les participants ont demandé davantage de forages et d’équipements, ainsi qu’un accès plus régulier aux semences certifiées. Ils ont aussi évoqué les difficultés d’écoulement de leurs productions.
Les transformateurs cherchent de nouveaux débouchés
Les transformateurs de maïs, de riz, d’arachide et d’attiéké ont eux aussi fait état de difficultés commerciales. Ils souhaitent notamment que les produits transformés localement soient davantage intégrés aux circuits d’approvisionnement des cantines scolaires.
Leurs demandes concernent également les équipements de transformation, les infrastructures de stockage et le matériel inox. Le coût de la certification des produits demeure, selon eux, un autre obstacle à leur développement.
La formation au marketing, à la vente en ligne et à la valorisation commerciale des productions fait également partie des besoins exprimés.
Aviculture, lait et pisciculture
Les préoccupations varient selon les filières. Dans l’aviculture, les acteurs évoquent la disponibilité des poussins et des aliments, ainsi que l’accès au financement. Ils souhaitent notamment le rapprochement des aliments produits par Faso Guulgo des zones de production et l’installation de couvoirs régionaux.
Les producteurs laitiers demandent davantage d’aliments pour le bétail, de fourrage et de points d’eau dans les zones pastorales, ainsi que des équipements adaptés.
Dans la pisciculture, le prix des aliments pour poissons constitue une difficulté importante. Les acteurs souhaitent également bénéficier de formations techniques et expérimenter des espèces à croissance rapide adaptées aux conditions locales.
À Koupéla, les échanges ont ainsi fait apparaître un monde rural confronté à des contraintes multiples, allant de la production à la commercialisation. Pour le ministère, ces remontées de terrain doivent contribuer à orienter les interventions publiques et à renforcer la capacité des différentes filières à participer à l’objectif de souveraineté alimentaire affiché par les autorités burkinabè.



