La présence de parasites chez l’ouette d’Égypte ne semble pas constituer une menace, mais les rassemblements de ces oiseaux dans les cultures peuvent provoquer des conflits avec les agriculteurs.
Des chercheurs ont identifié 17 espèces de parasites, dont sept signalées pour la première fois en Europe chez l’ouette d’Égypte, originaire d’Afrique et classée espèce invasive par l’Union européenne, selon une étude du Centre de recherche Senckenberg et de l’Université Goethe de Francfort.
Pendant quatre ans, les chercheurs ont analysé chaque année 25 oiseaux, soit 100 au total, prélevés dans la région de la Wetterau, en Allemagne, lors de campagnes de chasse régulières. L’analyse de leur jabot révèle un régime dominé par le maïs, les céréales et les herbes.
Le maïs figurait dans 46 pour cent des jabots et représentait 58 pour cent du poids total de la nourriture. En 2021 et 2022, il était présent chez 95 pour cent des oiseaux. Les chercheurs ont également relevé une part d’aliments d’origine animale, notamment des vers de terre et des restes de coquillages.
L’étude a été menée dans le cadre du projet conjoint ZOWIAC (Impacts zoonotiques et éco-fauniques des carnivores invasifs), qui réunit plusieurs partenaires, dont l’Université Goethe. Elle a été publiée dans la revue scientifique internationale à comité de lecture International Journal for Parasitology : Parasites and Wildlife.
« Il n’est plus concevable de faire l’impasse sur la présence des ouettes d’Égypte », souligne le parasitologue Sven Klimpel, du Centre de recherche Senckenberg et de l’Université Goethe, qu’il s’agisse des parcs, des piscines en plein air ou des terres agricoles de la Wetterau.
« Ce qui est disponible est mangé », résume-t-il. Quelques oiseaux isolés ne causent pas forcément de dégâts aux cultures, nuance-t-il, mais de grands rassemblements sur une même parcelle peuvent provoquer des conflits avec les agriculteurs. Dans la région d’origine de l’ouette d’Égypte, des impacts négatifs sur les rendements agricoles sont déjà documentés.
Introduite en Europe entre le XVIIe et le XXe siècle comme oiseau d’ornement, l’espèce figure depuis 2017 sur la liste européenne des espèces invasives. Entre 11 000 et 15 500 couples nichent en Allemagne, selon un recensement réalisé entre 2017 et 2022.
dpa



