En déplacement dans la région d’Ahafo, le président ghanéen a visité deux nouveaux centres de santé communautaires dans la municipalité de Tano North. Financées par les ressources des collectivités locales, ces infrastructures s’inscrivent dans une politique de décentralisation des investissements publics et d’élargissement de l’accès aux soins primaires.

Au Ghana, l’amélioration de l’accès aux soins passe aussi par les villages. Le président John Dramani Mahama a entamé sa tournée de la région d’Ahafo par l’inspection de deux nouvelles infrastructures sanitaires dans les communautés agricoles d’Ahyiaem et de Nsuapemkrom, dans la municipalité de Tano North.

Ces deux établissements, construits dans le cadre du dispositif Community-Based Health Planning and Services (CHPS), destiné à rapprocher les services de santé des populations, sont équipés de fournitures médicales et disposent de logements pour le personnel soignant. Leur mise en place doit permettre aux habitants de ces localités d’accéder plus facilement aux soins, sans avoir systématiquement à se déplacer vers des centres urbains.

Lors de rencontres avec les chefs traditionnels et les habitants, le chef de l’État a présenté ces réalisations comme une composante de sa politique d’extension de la couverture sanitaire. Il a également annoncé que les patients reçus dans ces structures bénéficieraient de soins gratuits dans le cadre du programme Free Primary Healthcare.

La décentralisation au cœur des investissements

Pour John Dramani Mahama, ces infrastructures illustrent les effets attendus d’une gestion davantage décentralisée des ressources publiques. Les deux centres ont été financés par le District Assemblies Common Fund (DACF), un mécanisme de financement destiné aux assemblées locales.

Le président a expliqué que son administration avait décidé de supprimer le plafonnement de ce fonds et de transférer directement 80 % des ressources aux assemblées métropolitaines, municipales et de district, plutôt que de centraliser les financements dans la capitale, Accra.

Cette orientation doit donner aux collectivités davantage de moyens pour répondre aux besoins de leurs populations. Le chef de l’État a indiqué avoir demandé aux responsables exécutifs des districts de faire construire, dans leurs territoires respectifs, deux centres CHPS, deux blocs de salles de classe ainsi qu’un marché fonctionnant 24 heures sur 24. Ces équipements doivent être répartis entre différentes communautés de chaque district.

Derrière cette stratégie se dessine un enjeu majeur pour le pays : rapprocher les investissements publics des populations, notamment dans les zones rurales, où l’accès aux services essentiels reste étroitement lié à la disponibilité des infrastructures et du personnel.

Les autorités locales mobilisées

À Ahyiaem, la cheffe traditionnelle de Dormaa, Odeneho Dr Akosua Fima Dwaben II, a remercié le président pour les initiatives de développement engagées dans la région.

John Dramani Mahama effectuait cette visite accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dont Mahama Ayariga, ministre chargé des Collectivités locales, des Affaires traditionnelles et religieuses, Elizabeth Ofosu-Adjare, ministre du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie, et Eric Opoku, ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture. Felix Kwakye Ofosu, ministre d’État chargé de la Communication gouvernementale, ainsi que la ministre régionale Charity Gardner étaient également présents, aux côtés de responsables sanitaires et de personnels de santé locaux.

Cette tournée, baptisée #ResettingGhana, intervient alors que l’exécutif entend mettre en avant les réalisations de son programme de développement. Dans le secteur sanitaire, l’ouverture de centres de proximité et la gratuité annoncée des soins primaires constituent deux leviers de cette politique.

Reste que l’impact de ces mesures dépendra notamment de leur mise en œuvre effective, de la disponibilité durable des médicaments et du personnel médical, ainsi que de la capacité des structures à répondre aux besoins des communautés desservies.

La rédaction