« Il y a des soirs où on enchaîne les situations difficiles sans avoir le temps de souffler entre deux. » Claire, infirmière depuis douze ans dans un service d'urgences, décrit une charge mentale qu'elle a longtemps eu du mal à nommer.

Une fatigue qui s'accumule en silence

« Ce n'est jamais un seul événement qui fait craquer. C'est l'accumulation, sur des mois, de situations qu'on n'a pas le temps de digérer avant la suivante. » Elle raconte avoir traversé, il y a deux ans, une période d'épuisement qu'elle qualifie aujourd'hui sans détour de burn-out.

Ce qui a changé après cet épisode

Depuis, son service a mis en place des temps de débriefing collectif après les situations les plus difficiles, une pratique qu'elle juge encore insuffisamment répandue dans d'autres établissements. « Pouvoir en parler entre collègues, à chaud, ça change complètement la façon dont on encaisse. »

Ce qui la fait tenir

Malgré tout, elle ne regrette pas son choix de carrière. « On tient parce qu'on s'accroche les uns aux autres, entre collègues. C'est cette solidarité d'équipe qui fait la différence entre un service qui s'effondre et un service qui tient, même dans les pires moments. »