« La première fois que j'ai parlé de mes douleurs à un médecin, j'avais 19 ans. On m'a répondu que c'était normal d'avoir mal pendant les règles, qu'il fallait "faire avec". » Léa, aujourd'hui âgée de 29 ans, a mis sept ans à obtenir un diagnostic d'endométriose — une durée qui reste, selon plusieurs associations de patientes, proche de la moyenne observée en France.
Un parcours semé de doutes
Pendant ces sept années, elle consulte quatre médecins généralistes et deux gynécologues différents. « À un moment, on m'a clairement laissé entendre que c'était psychologique. Que je gérais mal la douleur. » Ce n'est qu'après un épisode de douleurs aiguës aux urgences qu'un examen plus poussé est enfin prescrit.
Le diagnostic tombe : endométriose, une maladie chronique où du tissu semblable à la muqueuse utérine se développe en dehors de l'utérus, provoquant des douleurs parfois invalidantes. Une pathologie qui touche, selon les estimations, une personne menstruée sur dix.
Ce qui a changé, ce qui reste à faire
Depuis son diagnostic, Léa a rejoint un groupe de parole entre patientes. « Le simple fait de mettre un mot sur ce qu'on vit depuis des années, ça change tout. On réalise qu'on n'a rien inventé. »
Elle note toutefois une évolution : « Les jeunes médecins que je vois maintenant sont beaucoup plus formés sur le sujet qu'il y a dix ans. Mais pour les femmes de ma génération, le mal est fait : sept ans de vie professionnelle et personnelle impactés, ça ne se rattrape pas. »
Elle a accepté de témoigner pour que d'autres patientes n'aient pas à attendre aussi longtemps avant d'être prises au sérieux.