« Un soir, ma mère ne reconnaissait plus le chemin pour rentrer chez elle. Le lendemain, j'organisais déjà ses rendez-vous médicaux. » Thomas, 42 ans, cadre dans une entreprise de logistique, est devenu aidant familial en l'espace de quelques semaines, sans aucune préparation ni accompagnement initial.
Une double vie épuisante
Depuis trois ans, il jongle entre son emploi à temps plein et l'accompagnement quotidien de sa mère, atteinte d'une maladie neurodégénérative. « Personne ne vous explique comment faire. On apprend sur le tas, en général au moment où on est le plus fatigué et le moins en état d'apprendre quoi que ce soit. »
Le sentiment d'être invisible
Ce qui pèse le plus, selon lui, ce n'est pas seulement la charge physique, mais l'isolement social qui l'accompagne. « Mes amis ont arrêté de m'inviter, en pensant bien faire, parce qu'ils savaient que je ne serais pas disponible. Au final, on se retrouve seul au moment où on aurait le plus besoin de soutien. »
Un premier pas vers l'aide
Il y a six mois, Thomas a rejoint un groupe de parole pour aidants. « La première réunion, j'ai pleuré pendant une heure sans même savoir pourquoi. Juste le fait d'être entouré de gens qui comprenaient vraiment, sans avoir à tout expliquer. » Il milite désormais pour une meilleure reconnaissance du statut d'aidant dans le monde professionnel.