Avec un taux d’enregistrement des naissances de 51 pour cent, l’Afrique subsaharienne compte la moitié des enfants non enregistrés dans le monde.

Au Niger, l’un des pays au taux de croissance démographique les plus élevés au monde, la proportion de naissances déclarées dans les délais est passée de 53 pour cent à 79 pour cent depuis l’adhésion du pays, en 2022, au programme « Identification unique pour l’intégration régionale et l’inclusion en Afrique de l’Ouest » (WURI), financé par la Banque mondiale (BM).

Cette progression s’accompagne de plusieurs réformes, selon le ministère nigérien de l’Intérieur, qui cite notamment l’informatisation de l’état civil dans les communes, la mise en service d’un Registre national de l’état civil (RNEC) et la création d’un Registre national des nationalités (RNN).

Elle s’est également traduite par l’amélioration de la délivrance de la carte biométrique et du passeport de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), qui regroupe le Niger, le Mali et le Burkina Faso, ainsi que par le renforcement de la cybersécurité des systèmes numériques concernés.

Vers un registre national de la population Le Niger prévoit par ailleurs de mettre en place un Registre national de la population (RNP), destiné à servir de base unique pour identifier et authentifier chaque citoyen grâce à un identifiant personnel utilisable pour accéder aux services publics et privés, selon le ministère de l’Intérieur. Son déploiement doit commencer à Niamey, avant une extension à l’ensemble du territoire à partir de 2027, sous la responsabilité de la future Agence nationale d’enregistrement et d’identification (ANEI).

Le programme WURI, lancé en 2018 et prévu jusqu’en 2028 dans six pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Niger et Togo), vise à fournir un identifiant unique à quelque 100 millions de personnes présentes sur le territoire de ces Etats, quelle que soit leur nationalité, afin de faciliter l’accès aux services et de favoriser la mobilité et l’intégration régionales.

Un déficit persistant d’enregistrement des naissances Avec un taux d’enregistrement des naissances de 51 pour cent, l’Afrique subsaharienne compte la moitié des enfants non enregistrés dans le monde, soit environ 90 millions, selon un rapport de l’UNICEF publié en décembre 2024. Compte tenu de la lenteur des progrès et de la croissance rapide de la population infantile, la région, qui devrait abriter la majorité des enfants du monde au cours des prochaines décennies, pourrait compter plus de 100 millions d’enfants non enregistrés à partir de 2030 si les taux d’enregistrement restent inchangés.

L’article 7 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant consacre le droit de chaque enfant à voir son identité établie « immédiatement » après sa naissance grâce à l’enregistrement de sa naissance. L’absence d’acte de naissance peut entraîner l’exclusion de services essentiels, notamment l’accès à l’éducation formelle et aux soins de santé, et limiter la possibilité de voyager, de voter, d’ouvrir un compte bancaire ou d’acquérir un bien immobilier.

dpa