La Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), filiale du Groupe de la Banque islamique de développement, a dépassé les 100 milliards de dollars d’approbations cumulées depuis 2008. L’institution entend désormais renforcer le financement des PME, mobiliser davantage de capitaux privés et accélérer la digitalisation du commerce.
Un seuil symbolique pour un acteur majeur du financement commercial dans les pays en développement. La Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC) annonce avoir dépassé les 100 milliards de dollars d’approbations cumulées depuis le lancement de ses activités en 2008. Rattachée au Groupe de la Banque islamique de développement (BID), l’institution finance et accompagne les échanges commerciaux de ses pays membres, notamment dans les secteurs stratégiques de l’alimentation et de l’énergie.
Cette progression traduit l’importance des mécanismes de financement du commerce dans des économies confrontées aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et aux difficultés d’accès au crédit. L’ITFC intervient pour soutenir les importations essentielles, faciliter les exportations et permettre aux entreprises de disposer des ressources nécessaires à leur activité.
Des retombées revendiquées sur l’économie réelle
Au-delà des montants engagés, l’institution met en avant les effets de ses opérations sur les populations et le tissu économique. En 2025, les opérations soutenues par l’ITFC auraient contribué à l’accès à l’alimentation d’environ 24 millions de ménages et à l’accès à l’électricité de 17,8 millions de ménages. Elles auraient également bénéficié à quelque 460 000 agriculteurs et facilité l’accès au financement de 546 entreprises, dont des petites et moyennes entreprises (PME).
Plus d’un tiers des approbations cumulées de l’institution ont, par ailleurs, été destinées aux pays les moins avancés. Un positionnement qui répond aux besoins de marchés où le financement commercial reste souvent insuffisant au regard des besoins d’importation, de production et de développement des entreprises.
L’ITFC souligne également son rôle contracyclique lors des périodes de turbulences économiques. Pendant la pandémie de Covid-19, les crises financières et les récents chocs géopolitiques, elle affirme avoir continué à soutenir les flux commerciaux essentiels, alors que les financements privés devenaient plus difficiles à mobiliser.
Les PME et la finance numérique en ligne de mire
« Dépasser les 100 milliards de dollars d’approbations cumulées est bien plus qu’une mesure de notre taille », a déclaré Adeeb Yousuf Al Aama, directeur général de l’ITFC. Il y voit le résultat de près de deux décennies de partenariats destinés à faire du commerce un levier de développement économique et de résilience.
Pour la suite, l’institution prévoit d’accroître ses financements, de mobiliser davantage de capitaux privés et institutionnels et d’élargir l’accès des PME aux ressources financières. Elle entend également développer des solutions numériques de financement du commerce et renforcer ses partenariats dans les pays membres.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre stratégique 2026-2035 du Groupe de la Banque islamique de développement et dans ses stratégies institutionnelles pour 2026-2030.
L’enjeu est désormais de transformer la progression des financements en résultats économiques durables : développement des entreprises, renforcement des capacités productives, création d’emplois et meilleure intégration des économies bénéficiaires dans les échanges internationaux.
La rédaction



