La Banque africaine d’import-export a enregistré une nette progression de ses résultats au 30 septembre 2026. Portée par la croissance de son portefeuille de prêts et la hausse des revenus d’intérêts, elle renforce ses capacités de financement du commerce en Afrique et dans les Caraïbes, malgré un environnement économique mondial incertain.
Afreximbank confirme la solidité de sa dynamique financière. La Banque africaine d’import-export et ses filiales ont dégagé un bénéfice net de 813,5 millions de dollars au cours des neuf premiers mois de 2026, soit une progression de 24 % par rapport aux 654,3 millions enregistrés sur la même période un an plus tôt.
Cette performance repose notamment sur l’expansion des activités de crédit, la progression des revenus d’intérêts et la maîtrise des charges opérationnelles. Le produit brut du groupe a, lui, augmenté de 11 %, à 2,7 milliards de dollars, contre 2,4 milliards sur les neuf premiers mois de 2025.
Le portefeuille de prêts demeure le principal moteur de cette croissance. Les prêts et avances nets ont progressé de 8 % depuis la fin de 2025, pour atteindre 36,2 milliards de dollars au 30 septembre 2026. Sur les neuf premiers mois de l’année, les encours moyens de prêts sont passés de 28,9 à 34,8 milliards de dollars, traduisant une demande soutenue de financement du commerce et des projets dans les pays membres de la Banque.
Les revenus d’intérêts ont atteint 2,4 milliards de dollars, en hausse de 9,1 % sur un an, tandis que le produit net d’intérêts a progressé de 15 %, à 1,5 milliard de dollars. Les commissions issues des garanties, des lettres de crédit et des services de conseil ont également augmenté, passant de 117,2 à 136,9 millions de dollars.
Un bilan renforcé, malgré quelques tensions
La croissance de l’activité s’accompagne d’une consolidation du bilan. Le total des actifs et des engagements conditionnels d’Afreximbank s’est établi à 54,1 milliards de dollars, contre 48,5 milliards à la fin de 2025. Les fonds propres ont, de leur côté, atteint 9 milliards de dollars, grâce aux bénéfices générés en interne et à 195,2 millions de dollars de nouveaux apports en capital.
La banque conserve par ailleurs une bonne maîtrise de ses coûts. Son ratio coûts-revenus s’est amélioré à 20 %, contre 21 % un an plus tôt, restant nettement inférieur au plafond stratégique de 30 %. Le rendement moyen des fonds propres est resté stable à 12 %, tandis que le rendement des actifs moyens a progressé de 2,34 % à 2,48 %.
Quelques indicateurs appellent néanmoins à la vigilance. Le taux de créances non performantes s’est légèrement dégradé, à 2,48 %, contre 2,43 % au 31 décembre 2025. Les provisions pour pertes de crédit attendues ont également augmenté, pour atteindre 537,6 millions de dollars.
La position de liquidité représente 13 % du total des actifs, contre 15 % à la fin de 2025, tandis que le ratio d’adéquation des fonds propres s’est établi à 22 %, contre 23 %. Ces évolutions interviennent dans un contexte d’expansion du bilan et de besoins croissants de financement.
Les marchés internationaux sollicités
Pour accompagner cette croissance, Afreximbank a également renforcé ses ressources sur les marchés de capitaux. En juillet 2026, elle a réalisé une émission obligataire de 1,5 milliard de dollars en deux tranches : 750 millions de dollars à échéance de cinq ans et demi et 750 millions à dix ans. L’opération a été sursouscrite environ deux fois, selon la banque.
L’encours des titres de dette a ainsi atteint 4,4 milliards de dollars, contre 3,4 milliards à la fin de 2025, contribuant à diversifier les sources de financement de l’institution.
« Ces résultats soulignent la capacité d’Afreximbank à afficher des performances solides et durables tout en continuant à remplir sa mission de développement à travers l’Afrique et les Caraïbes », a déclaré Denys Denya, premier vice-président exécutif de la banque. L’établissement entend poursuivre ses interventions en faveur des chaînes de valeur régionales, de l’industrialisation et de la transformation économique.
Un rôle contracyclique face aux crises
Au-delà de ses performances financières, Afreximbank maintient son soutien aux économies confrontées aux perturbations géopolitiques et commerciales. La banque a notamment mis en place un programme d’intervention face à la crise du Golfe, doté de 10 milliards de dollars, destiné à soutenir les besoins de liquidités et à faciliter les échanges et les paiements. L’objectif est notamment de préserver l’accès des pays membres aux importations essentielles, dont les hydrocarbures, les engrais, les denrées alimentaires et d’autres matières premières stratégiques.
Parallèlement, les investissements à fort impact du groupe ont augmenté de 23 %, passant de 1,3 milliard de dollars à la fin de 2025 à 1,6 milliard. Ces financements visent à soutenir des projets liés à l’industrialisation, à la compétitivité commerciale et à la résilience économique.
Avec un bénéfice en forte hausse et un bilan renforcé, Afreximbank dispose de marges de manœuvre pour poursuivre son expansion. La poursuite de cette trajectoire dépendra toutefois de sa capacité à maintenir la qualité de ses actifs, à préserver ses équilibres financiers et à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre aux besoins de financement du continent africain et de ses partenaires caribéens.
La rédaction



