Le groupe russe Rusal entend renforcer sa présence en Guinée et se positionner sur les ambitions industrielles portées par le programme Simandou 2040. Une délégation conduite par l’ambassadeur de Russie à Conakry, Alexey V. Popov, a été reçue jeudi par le président Mamadi Doumbouya au Palais Mohammed V. Les discussions ont notamment porté sur la transformation locale des ressources minières.
La rencontre intervient alors que les autorités guinéennes cherchent à faire évoluer le secteur minier, historiquement centré sur l'extraction et l'exportation des matières premières, vers davantage de transformation sur le territoire national.
Au cours des échanges, Mamadi Doumbouya a insisté sur la nécessité d'accélérer cette transformation locale, présentée comme l'un des axes du programme Simandou 2040. Le chef de l'État a notamment évoqué les projets de raffineries d'alumine actuellement engagés ainsi que l'achèvement de la raffinerie d'or, comme autant d'éléments destinés à accroître la valeur ajoutée générée en Guinée.
Cette orientation commence à se traduire par plusieurs projets industriels. En juin, les autorités guinéennes ont lancé les travaux de la raffinerie d'alumine de Chalco à Boffa, troisième projet de ce type engagé depuis l'indépendance. L'installation doit représenter un investissement estimé à 1,68 milliard de dollars et disposer d'une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes d'alumine.
Rusal a réaffirmé son intérêt pour les priorités industrielles de la Guinée. Le groupe russe, déjà présent dans le secteur de la bauxite et de l'alumine, souhaite participer aux projets liés à la valorisation locale des ressources et a sollicité l'appui des autorités pour faciliter ses investissements.
La rencontre a également permis d'aborder plus largement les relations économiques entre Conakry et Moscou. Alexey V. Popov a transmis au président guinéen un message de Vladimir Poutine et réaffirmé, selon les éléments communiqués à l'issue de l'entretien, la volonté russe de renforcer la coopération dans les secteurs minier et industriel.
Pour la Guinée, l'enjeu dépasse désormais la seule augmentation des volumes extraits. Le programme Simandou 2040 prévoit une montée en puissance des industries de transformation locale dans sa phase de diversification, programmée entre 2030 et 2035, avec une enveloppe globale annoncée de 200 milliards de dollars sur quinze ans.
La rédaction



