La rentrée parlementaire a officiellement eu lieu ce lundi 5 octobre à Conakry. Réunis au Palais du Peuple, les 147 députés de la 10ᵉ législature ont ouvert la session unique 2026-2027. Au-delà du cérémonial, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, leur a fixé un cap : travailler, contrôler et surtout produire des résultats.
Retour aux affaires pour les députés guinéens. Après une première étape consacrée à l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, les élus de la 10ᵉ législature ont officiellement repris leurs travaux ce lundi au Palais du Peuple, à Conakry.
Dès le matin, la Salle des Congrès s’est remplie progressivement. Membres du gouvernement, diplomates, représentants d’institutions et délégations parlementaires venues notamment de plusieurs pays africains avaient pris place aux côtés des députés. À 11 heures, l’arrivée du président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a donné le coup d’envoi de la cérémonie officielle.
Mais derrière les retrouvailles et les discours, cette rentrée marque surtout le début d’une période de travail particulièrement attendue. Dans son allocution de plus de trente minutes, le président du Parlement a rappelé aux élus que leur mandat ne pouvait se résumer à occuper un siège dans l’hémicycle.
Le ton est donné : la nouvelle Assemblée devra être jugée sur ses actes et sur les résultats obtenus. Dr Dansa Kourouma a ainsi appelé les députés à faire preuve d’assiduité, de discipline et de responsabilité, tout en renforçant la qualité du travail législatif.
Des lois pour donner corps aux nouvelles institutions
Premier gros chantier : achever le cadre juridique des institutions de la République. Le président de l’Assemblée nationale a placé l’adoption des lois organiques nécessaires au fonctionnement des nouvelles institutions parmi les priorités de la législature.
L’objectif affiché est également de changer la manière de fabriquer la loi. Les députés sont appelés à renforcer l’expertise de leurs commissions, à auditionner davantage les acteurs concernés et à s’appuyer sur des analyses d’impact avant l’adoption des textes.
Autrement dit, il ne s’agira plus seulement de voter des lois, mais de s’assurer qu’elles puissent être appliquées et produire des effets concrets.
Contrôler le gouvernement, mais aussi évaluer les politiques publiques
Autre priorité : le contrôle de l’action gouvernementale. Questions au gouvernement, auditions, missions d’information ou encore commissions d’enquête doivent permettre aux parlementaires de suivre davantage l’utilisation des ressources publiques et l’exécution des engagements de l’État.
Dansa Kourouma a également insisté sur l’évaluation des politiques publiques, présentée comme l’un des marqueurs de cette nouvelle législature. L’Assemblée souhaite notamment mesurer l’efficacité et l’impact de certaines politiques, avec l’appui d’institutions spécialisées, des universités et de la société civile.
Le président du Parlement veut aussi rapprocher les députés de leurs électeurs. Les périodes de vacances parlementaires devront notamment être mises à profit pour retourner dans les circonscriptions, écouter les populations et rendre compte du travail accompli.
Une rentrée ouverte sur l’Afrique
La cérémonie a enfin donné une place importante à la coopération parlementaire. Plusieurs délégations africaines avaient fait le déplacement à Conakry. Le président du Parlement libérien, Richard Nagbé Koon, a notamment plaidé pour une coopération renforcée entre les pays de l’espace du fleuve Mano, confrontés à des enjeux communs en matière de sécurité, de migration, de commerce et de développement.
La rentrée parlementaire se poursuivra d’ailleurs toute la semaine avec plusieurs activités : visite du chantier du futur siège de l’Assemblée nationale, conférences-débats et panels consacrés notamment à la diplomatie parlementaire et à l’évaluation des politiques publiques.
Pour les 147 députés de la 10ᵉ législature, le temps de l’installation est donc terminé. Place désormais au travail. Avec une équation simple à résoudre : transformer le mandat confié par les électeurs en lois, en contrôle de l’action publique et, surtout, en résultats concrets.
La rédaction



