À l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a récompensé deux lauréates pour leurs contributions artistiques et scientifiques. Une initiative qui s’inscrit dans le combat de l’institution en faveur de l’abolition de la peine capitale sur le continent.
L’art et la recherche peuvent-ils contribuer à faire évoluer le débat sur la peine de mort en Afrique ? C’est le pari de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui a organisé un concours de création artistique et de recherche universitaire dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale contre la peine de mort.
À travers cette initiative, portée par son Groupe de travail sur la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et les disparitions forcées en Afrique, l’institution entend encourager la réflexion sur les enjeux de la peine capitale et sensibiliser l’opinion publique à la protection du droit à la vie et de la dignité humaine.
Deux contributions ont été distinguées. Sara Timb a remporté le prix de la meilleure œuvre artistique consacrée à la peine de mort pour sa création intitulée « Immortel.le.s ». Le jury a salué le talent de l’artiste, l’originalité de son travail et la portée de son message.
Dans la catégorie recherche, Maria Florencia Carballo Nievas a été récompensée pour son article intitulé « Quand la lutte antiterroriste compromet sa propre logique : le retour de la peine de mort au Sahel, le droit international humanitaire et la Charte de Banjul ». Son travail examine les tensions entre les politiques de lutte contre le terrorisme, le recours à la peine capitale et les obligations juridiques relatives à la protection des droits humains.
Le Sahel, au cœur des interrogations sur la peine capitale
Le choix de ce sujet met en lumière une question sensible pour plusieurs pays africains : la place de la peine de mort dans les réponses pénales apportées aux menaces sécuritaires, notamment dans les contextes marqués par les violences terroristes.
La réflexion proposée par Maria Florencia Carballo Nievas invite à interroger la compatibilité de ces pratiques avec les principes du droit international humanitaire et les garanties consacrées par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, également appelée Charte de Banjul.
Au-delà du cadre juridique, cette approche renvoie à un débat plus large sur l’équilibre entre les impératifs de sécurité, les exigences de justice et le respect des droits fondamentaux. En distinguant une œuvre artistique et un travail universitaire, la Commission entend ainsi faire dialoguer différentes formes d’expression autour d’une même question : la protection de la vie humaine.
Un plaidoyer pour l’abolition sur le continent
Dans son communiqué, la Commission a félicité les deux lauréates et remercié l’ensemble des participants pour leur contribution à cette réflexion collective. Elle a également salué leur engagement à mettre l’art et la recherche au service de la sensibilisation sur la peine de mort en Afrique.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la CADHP de promouvoir l’abolition de la peine capitale sur le continent. L’institution appelle les États membres, les chercheurs, les artistes et les organisations de la société civile à poursuivre leurs efforts en matière de dialogue, de sensibilisation et de mobilisation pour la protection du droit à la vie.
La rédaction



