Financé par le BMZ allemand avec 2,9 millions d'euros, ce projet cible principalement des femmes réfugiées du Nigeria voisin.
Le Niger a étendu à Agadez, dans le nord du pays, un projet financé par l'Allemagne visant à renforcer l'autonomie économique de milliers de femmes déplacées. Le projet, baptisé ProPAF (« Renforcer l'autonomisation économique et sociale des femmes dans les contextes de déplacement au Niger »), est financé à hauteur de 2,9 millions d'euros par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ).
Lancé en janvier 2026 pour 30 mois, il ciblait initialement les régions de Maradi, dans le centre-sud, et de Tahoua, dans le centre-ouest. « Grâce à un financement supplémentaire », le projet est désormais étendu à Agadez, a déclaré le secrétaire général du gouvernorat, cité par l'Agence nigérienne de presse (ANP).
L'extension couvre la commune urbaine d'Agadez, le centre humanitaire pour réfugiés et les villages d'Itrakat et de Maï Adoua, a-t-il précisé. Le projet reste également actif à Bangui et Sabon Guida, dans la région de Tahoua, ainsi qu'à Guidan Roumdji et Chadakori, dans celle de Maradi.
Femmes réfugiées du Nigeria au cœur du projet
ProPAF est mis en œuvre par l'Agence allemande de coopération internationale (GIZ), en coordination avec les autorités locales. Il cible plus de 50 000 réfugiés, dont près de 60 pour cent de femmes, avait indiqué la GIZ. Le projet concerne principalement des femmes réfugiées du Nigeria voisin, des personnes déplacées à l'intérieur du Niger, ainsi que les habitantes et habitants des communes d'accueil dans certaines parties des régions de Tahoua et de Maradi.
Le programme vise à améliorer l'accès aux revenus, à développer les compétences professionnelles et entrepreneuriales des bénéficiaires, et à faciliter l'accès à des services sociaux tenant compte du genre et des traumatismes. Il cherche aussi à renforcer la cohésion sociale entre populations déplacées et communautés d'accueil, selon la GIZ.
Le projet s'inscrit dans une approche combinant aide humanitaire, développement et consolidation de la paix, en complément des interventions du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Un contexte régional marqué par les déplacements forcés
Au Sahel, les conflits, attaques terroristes et incursions transfrontalières provoquent depuis plusieurs années des déplacements massifs de population. Chaque année, des milliers de personnes fuient le Nigeria, le Mali et le Burkina Faso pour se réfugier au Niger, notamment à Maradi et à Tahoua. Ces régions cumulent une forte pauvreté, un accès limité aux services de base comme l'eau, les effets du changement climatique, en particulier les sécheresses récurrentes, et une insécurité alimentaire croissante.
Les femmes et les filles y sont particulièrement exposées à la pauvreté, aux déplacements forcés, à l'exclusion et aux violences sexuelles, ainsi qu'à un accès restreint à l'éducation, aux revenus et à la prise de décision. Les rôles traditionnellement attribués aux hommes et aux femmes limitent en outre leur participation à la vie des communautés.
dpa



