Le roi Mohammed VI a nommé mardi Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain. Une première historique pour le royaume, six jours après la victoire de son parti, le Parti authenticité et modernité, aux élections législatives.
C’est une première dans l’histoire politique du Maroc. Le roi Mohammed VI a nommé, mardi 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri cheffe du gouvernement et l’a chargée de former le prochain exécutif. À 50 ans, cette avocate de formation devient la première femme à accéder à la tête du gouvernement du royaume.
La nomination intervient au terme d’une semaine d’attente depuis les élections législatives du 23 septembre. Le Parti authenticité et modernité (PAM), dont Fatima Ezzahra El Mansouri est l’une des principales dirigeantes, est arrivé en tête du scrutin avec 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Il devance le Rassemblement national des indépendants (RNI), avec 66 sièges, et l’Istiqlal, qui en obtient 65.
Le choix du souverain s’inscrit dans le cadre de l’article 47 de la Constitution marocaine, qui prévoit la nomination du chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections législatives. La nouvelle Première ministre doit désormais s’atteler à la formation d’une coalition, son parti ne disposant pas à lui seul de la majorité absolue.
Une femme rompue aux rouages du pouvoir
Fatima Ezzahra El Mansouri n’est pas une nouvelle venue sur la scène politique marocaine. Née à Marrakech en 1976, elle est avocate et a notamment étudié le droit au Maroc, en France et aux Etats-Unis.
Elle s’engage en politique en 2007 et participe, l’année suivante, à la création du PAM. Elle devient maire de Marrakech en 2009, fonction qu’elle retrouve en 2021. Parallèlement, elle exerce plusieurs mandats de députée avant d’entrer au gouvernement en 2021 comme ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville.
Depuis 2024, elle fait partie de la direction collégiale du PAM, dont elle assure la coordination auprès des institutions officielles. Son expérience municipale, parlementaire et gouvernementale lui confère une connaissance approfondie des rouages politiques du royaume.
Son accession à la Primature constitue également une nouvelle étape dans la représentation des femmes au plus haut niveau de l’Etat marocain. Elle devient la deuxième femme à diriger un gouvernement dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden, nommée en 2021.
Une majorité à bâtir
Derrière la portée symbolique de cette nomination se trouve désormais une équation politique plus délicate. Avec 97 députés, le PAM est loin des 198 sièges nécessaires pour disposer de la majorité absolue à la Chambre des représentants.
Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc négocier avec les autres formations représentées au Parlement. Le RNI et l’Istiqlal, arrivés respectivement deuxième et troisième du scrutin, constituent des partenaires potentiels pour la formation d’une majorité. Le Parti de la justice et du développement (PJD), qui a obtenu 54 sièges, a pour sa part annoncé son choix de rejoindre l’opposition.
La nouvelle cheffe du gouvernement a d’ores et déjà annoncé l’ouverture des consultations. Elle devra rapidement présenter au roi la composition de son équipe, dans un calendrier politique particulièrement resserré.
Les attentes de la jeunesse au cœur des défis
Cette nouvelle équipe héritera de plusieurs dossiers sensibles. Le chômage, le pouvoir d’achat, l’accès aux services publics et l’emploi des jeunes figurent parmi les principales préoccupations du pays.
Le PAM avait notamment fait de la création d’un million d’emplois l’un des engagements majeurs de sa campagne. Le prochain gouvernement devra également poursuivre les investissements liés à la préparation de la Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri ouvre ainsi une séquence inédite dans la vie politique marocaine. Le symbole est historique, mais les premières semaines de son mandat seront surtout consacrées à une tâche très concrète : bâtir une majorité parlementaire et former un gouvernement capable de répondre aux importantes attentes économiques et sociales du royaume.
La rédaction



