Kigali et Bruxelles ont annoncé le 22 septembre le rétablissement de leurs relations diplomatiques, après plusieurs mois de tensions. L’Union africaine salue une reprise du dialogue, tandis que le Qatar est reconnu pour avoir facilité les premiers contacts entre les deux parties.

Le dialogue reprend entre Kigali et Bruxelles. Le Rwanda et la Belgique ont décidé, mardi 22 septembre, de rétablir leurs relations diplomatiques et de rouvrir prochainement leurs ambassades respectives. Une décision saluée dès le lendemain par Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, qui y voit une illustration de l’utilité du dialogue dans le règlement des différends entre États.

« La reprise des relations diplomatiques souligne l’importance d’un dialogue continu, d’un engagement constructif et de canaux diplomatiques ouverts », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, encourageant les deux pays à poursuivre leurs échanges pour traiter leurs divergences et faire progresser leurs intérêts communs.

Des ambassades appelées à rouvrir

La décision a été officialisée par les ministres des Affaires étrangères rwandais et belge, Olivier Nduhungirehe et Maxime Prévot. Dans une déclaration commune, les deux gouvernements précisent que leurs ambassades seront rouvertes dans un délai rapproché.

Dans un premier temps, chacune des représentations sera dirigée par un chargé d’affaires ad interim, avant la nomination d’ambassadeurs selon la procédure diplomatique habituelle. Kigali et Bruxelles affirment également vouloir inscrire leur nouvelle relation dans un cadre fondé sur la non-ingérence, le respect mutuel et l’engagement constructif.

La reprise des relations ne signifie toutefois pas la disparition de toutes les divergences. Les deux capitales reconnaissent dans leur déclaration commune que des désaccords subsistent sur certaines questions internationales et soulignent la nécessité de maintenir un dialogue ouvert, franc et transparent pour les traiter.

Le Qatar au cœur de la reprise du dialogue

Dans cette séquence diplomatique, Doha apparaît comme un intermédiaire important. Le Rwanda et la Belgique ont tous deux reconnu le rôle joué par le Qatar dans le rapprochement entre leurs diplomaties.

La première rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays avait été organisée à Doha en juin 2025.

Selon les autorités qataries, cette rencontre a permis d'établir un dialogue direct, avant une série de contacts et de réunions ayant finalement conduit au rétablissement des relations diplomatiques.

Le Qatar a lui-même salué la décision, estimant qu'elle traduisait la volonté des deux pays de surmonter leurs différends par le dialogue et la compréhension mutuelle. Doha souhaite désormais que cette nouvelle étape ouvre la voie à davantage de coopération entre Kigali et Bruxelles.

L’Union africaine défend la voie diplomatique

Pour l’Union africaine, l'annonce intervient comme un signal en faveur du recours aux mécanismes diplomatiques dans le règlement des différends entre États.

Mahmoud Ali Youssouf a félicité la Belgique et le Rwanda pour cette décision et reconnu explicitement le rôle joué par le Qatar dans la facilitation du dialogue. Il a également appelé, plus largement, les États africains et leurs partenaires à privilégier l'engagement diplomatique lorsqu'apparaissent des différends bilatéraux.

La portée de cette reprise dépasse ainsi les seules relations entre Kigali et Bruxelles. Elle intervient dans un contexte régional où les questions diplomatiques et sécuritaires restent étroitement liées, notamment autour de la situation dans la région des Grands Lacs.

Pour l'heure, la prochaine étape sera concrète : la réouverture des ambassades et la reprise progressive d'une représentation diplomatique complète. Les deux pays ont choisi de ne pas effacer leurs désaccords, mais de créer à nouveau les canaux permettant de les traiter.

dpa