Quelques heures après la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) d’interdire sa diffusion sur l’ensemble du territoire guinéen, France 24 est revenue à l’antenne sur la séquence à l’origine de la controverse. La chaîne a reconnu une erreur éditoriale et présenté ses excuses au chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya.
« Un rectificatif important avant de refermer ce journal », a annoncé la chaîne dans son édition, avant de revenir sur la séquence controversée. La rédaction de France 24 a ensuite reconnu l’emploi d’un qualificatif contesté à l’endroit du président guinéen.
« Pour cela, nous nous en excusons », a déclaré la chaîne, en présentant ses excuses au chef de l’État.
Cette prise de parole intervient dans un contexte particulièrement tendu entre le média français et le régulateur guinéen. La controverse avait débuté après une édition d’information diffusée le 15 septembre, au cours de laquelle Mamadi Doumbouya avait été désigné par le terme « président putschiste », selon les éléments rapportés par la HAC et plusieurs médias guinéens.
Le 16 septembre, la HAC avait dans un premier temps mis France 24 en demeure de cesser l’utilisation des termes qu’elle jugeait inappropriés et de procéder aux rectifications éditoriales nécessaires sur ses différents canaux numériques. Le régulateur estimait notamment que le traitement en question portait atteinte aux exigences d’exactitude, d’impartialité et d’équilibre dans le traitement de l’information.
Le lendemain, jeudi 17 septembre, l’affaire a pris une nouvelle dimension. Dans une décision adoptée en séance extraordinaire, la HAC a interdit, avec effet immédiat, la diffusion de France 24 sur l’ensemble du territoire guinéen. La mesure couvre la diffusion par satellite et câble, mais également les applications mobiles, les sites internet et les réseaux sociaux. L’autorisation de diffusion de la chaîne a également été révoquée.
La décision prévoit par ailleurs le retrait des accréditations de presse des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs de France 24 en Guinée. L’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) a été réquisitionnée pour procéder au blocage technique des accès numériques à la chaîne, tandis que le distributeur du bouquet Canal+ Guinée a été appelé à couper son signal.
La décision de la HAC est intervenue alors que France 24 venait donc de diffuser un rectificatif et de présenter publiquement ses excuses. Cette succession d’événements place désormais le différend au cœur des débats sur les relations entre les médias internationaux et le régulateur guinéen, notamment sur les exigences d’exactitude, de rectification et de responsabilité éditoriale.
Pour l’heure, les excuses formulées à l’antenne constituent la réponse publique de France 24 à la polémique. La décision guinéenne, elle, reste applicable avec effet immédiat sur le territoire national.
La rédaction



