À Conakry, le 68ᵉ anniversaire de l’indépendance a été marqué par un imposant défilé civil, militaire et paramilitaire, en présence de délégations étrangères et d’une importante mobilisation populaire.
Les rues de la capitale guinéenne avaient, ce vendredi 2 octobre, des allures de fête nationale. Pour le 68ᵉ anniversaire de l’indépendance, Conakry s’est parée des couleurs du pays et a vu défiler, pendant plusieurs heures, militaires, paramilitaires, fonctionnaires, jeunes, sportifs et acteurs culturels.
La journée avait commencé par un moment de recueillement. À la Place des Martyrs, le président Mamadi Doumbouya a déposé une gerbe de fleurs en hommage à ceux qui ont participé à la conquête de l’indépendance et de la souveraineté de la Guinée. Une séquence solennelle avant le passage aux festivités.
Puis le décor a changé. Sur l’axe retenu à Kaloum pour la cérémonie officielle, les différents corps constitués ont pris possession de la route. Civils issus des administrations, forces paramilitaires et militaires se sont succédé devant la tribune officielle, donnant à cette célébration une dimension qui dépassait la seule parade militaire.
Des régions et des générations réunies
L’un des faits marquants de cette édition aura été la diversité des participants. Des représentants venus des dix régions administratives du pays ont pris part au défilé, aux côtés des institutions de la République, des administrations publiques, des organisations socioprofessionnelles, de la jeunesse et des acteurs du sport, de la culture et des arts.
Dans la capitale comme à l’intérieur du pays, les célébrations ont été organisées autour d’un même fil conducteur : faire du 2-Octobre un rendez-vous de mémoire, mais aussi un moment tourné vers les nouvelles générations.
Le thème retenu pour ce 68ᵉ anniversaire « S’inspirer du passé pour construire ensemble l’avenir : notre jeunesse » place précisément cette génération au centre du récit officiel. La Présidence présente cette orientation comme une manière de faire dialoguer la mémoire de 1958 avec les défis de la Guinée de demain.
À Kankan, par exemple, la fête nationale a été l’occasion de revenir sur la mémoire des pionniers de l’indépendance tout en insistant sur les responsabilités de la génération actuelle.
Une tribune aux couleurs de la sous-région
Autre particularité de cette édition : la présence de plusieurs délégations étrangères. La Côte d’Ivoire, invitée d’honneur, était représentée par son Premier ministre Robert Beugré Mambé. Des délégations venues notamment du Sénégal, de la Sierra Leone, du Liberia et du Rwanda étaient également présentes aux côtés des autorités guinéennes.
Pour Abidjan, cette présence était aussi l’occasion de mettre en avant les relations entre les deux pays. Robert Beugré Mambé a notamment transmis à Conakry un message du président Alassane Ouattara et salué la participation de la jeunesse, des administrations et des forces guinéennes aux festivités.
De 1958 à la Guinée d’aujourd’hui
Soixante-huit ans après le « non » historique au référendum de 1958 et l'accession à l'indépendance, le 2-Octobre reste l'un des principaux rendez-vous du calendrier national guinéen.
Dans son message à la nation, Mamadi Doumbouya a appelé à faire de l’héritage des pères de l’indépendance un point d’appui pour les générations actuelles, en insistant notamment sur le vivre-ensemble, la jeunesse, la paix et l’unité nationale.
À Conakry, la cérémonie s’est achevée par une prestation artistique, après le passage des différentes formations civiles, paramilitaires et militaires. Une manière de refermer une journée où la Guinée aura successivement célébré ses morts, exhibé ses forces, mis en avant sa jeunesse et affiché, à travers ses délégations venues de tout le pays, une image de rassemblement national.
Le 2-Octobre 2026 aura ainsi été autant une célébration de l’indépendance qu’une mise en scène des différentes composantes de la Guinée contemporaine, réunies autour d’une même date : celle du 2 octobre 1958.
La rédaction



