À Dakar, le représentant permanent de la CEDEAO auprès de l’Union africaine, Hon Kolley, a appelé à renforcer la mise en œuvre des engagements en matière de droits humains. Son intervention s’inscrit dans les travaux consacrés aux 45 ans d’adoption et aux 40 ans de mise en œuvre de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
La protection des droits humains reste tributaire de la capacité des États à traduire leurs engagements juridiques en avancées concrètes. C’est le message défendu par Hon Kolley, représentant permanent de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) auprès de l’Union africaine, lors de la troisième édition du Forum des mécanismes spéciaux conjoints et du dialogue de haut niveau sur la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, organisé les 20 et 21 octobre 2026 à Dakar, au Sénégal.
La rencontre, organisée en marge de la 89ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), était placée sous le thème : « Adoption et mise en œuvre de la Charte africaine : un chemin vers l’Afrique que nous voulons ». Elle marquait les 45 ans de l’adoption de la Charte et les 40 ans de son entrée en application.
Intervenant lors d’une session consacrée aux nouveaux enjeux des droits humains, Hon Kolley a présenté plusieurs mécanismes développés par la CEDEAO pour promouvoir les libertés fondamentales et renforcer la gouvernance dans l’espace communautaire.
Des instruments régionaux à consolider
Parmi les dispositifs mis en avant figure le Protocole additionnel de 2001 sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui complète le cadre normatif régional en matière de droits humains et de principes démocratiques. Le représentant a également souligné le rôle des institutions communautaires, notamment la Commission de la CEDEAO, le Parlement communautaire et la Cour de justice de la CEDEAO, dans la protection des droits fondamentaux.
La désignation du 16 janvier comme Journée des droits de l’homme de la CEDEAO constitue un autre levier de sensibilisation aux droits, à l’État de droit et à la dignité humaine. À cela s’ajoute le Réseau des institutions nationales des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest, conçu pour renforcer la coordination entre les institutions nationales et rapprocher leurs pratiques des Principes de Paris, qui encadrent leur indépendance et leur fonctionnement.
Le défi de l’application effective
Au-delà des instruments juridiques, la CEDEAO entend inscrire la protection des droits humains dans sa stratégie d’intégration régionale. Sa Vision 2050, intitulée « La CEDEAO des peuples : paix et prospérité pour tous », le Cadre stratégique communautaire 2023-2027 et la Déclaration de Lungi de 2026 sur l’avenir de l’intégration régionale établissent des liens entre paix, gouvernance démocratique, développement et respect des droits fondamentaux.
Pour Hon Kolley, l’enjeu réside désormais dans l’application effective de ces engagements. Il a appelé au renforcement des institutions nationales, à une coopération accrue entre la CEDEAO, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et les autres mécanismes de l’Union africaine.
L’objectif, a-t-il souligné, est de faire en sorte que les normes régionales ne restent pas des engagements formels, mais produisent des effets tangibles dans la vie quotidienne des populations.
Cette préoccupation renvoie à l’un des défis persistants de la gouvernance des droits humains sur le continent : réduire l’écart entre les textes adoptés et leur application sur le terrain. La consolidation des institutions, leur capacité d’action et la coopération entre les mécanismes régionaux et nationaux demeurent déterminantes pour donner une portée concrète aux engagements pris par les États.
La rédaction



