« La mode européenne » développe un circuit de collecte et de réemploi textile entre l’Europe et l’Afrique pour prolonger la vie des vêtements et créer des emplois sur le continent.
Donner une seconde vie aux vêtements tout en créant de l'emploi et de la valeur économique en Afrique, c'est le modèle développé par l'entrepreneur franco-congolais Baptiste Lingoungou avec son association qui agit dans la collecte, le réemploi et la valorisation des textiles.
Basée à Brazzaville, au Congo, « La mode européenne » est une association qui se propose de créer un circuit entre l'Europe et l'Afrique, sans faire du continent africain une destination pour les déchets textiles.
Un tri qui détermine le devenir des vêtements
En France, l'association installe des bornes de collecte dans des entreprises, des écoles et des établissements d'enseignement et récupère également des invendus auprès de marques. Les vêtements collectés sont ensuite triés selon leur état et leur potentiel de valorisation.
Lors du tri, les vêtements encore en bon état et adaptés aux besoins locaux sont sélectionnés pour être réemployés. Ils sont ensuite acheminés vers les boutiques solidaires de l'association en Afrique, notamment au Congo et au Cap-Vert, où ils sont vendus à des prix accessibles.
Les pièces qui ne peuvent pas être portées à nouveau ne sont, elles, pas systématiquement envoyées en Afrique. Selon leur état et leur composition, elles sont orientées vers d'autres filières de valorisation en Europe. « L'objectif n'est surtout pas d'utiliser l'Afrique comme une destination pour nos déchets textiles », insiste Baptiste dans un entretien accordé à la dpa.
Au-delà de la simple redistribution
Le circuit permet ainsi de prolonger la durée de vie des vêtements tout en créant une activité économique sur les territoires où ils sont réemployés.
L'association souhaite désormais aller au-delà de la simple redistribution des vêtements. Au Congo, elle prévoit notamment de développer un atelier de couture et d'upcycling, qui permettra de transformer localement certains textiles qui ne peuvent plus être directement réemployés.
L'objectif est de faire évoluer progressivement le circuit. Après la collecte et le tri en Europe, certains vêtements pourront être réemployés tels quels en Afrique, tandis que d'autres pourront être transformés sur place pour donner naissance à de nouveaux produits.
« La Mode Européenne » veut ainsi passer d'un modèle principalement fondé sur la redistribution à un modèle intégrant davantage de transformation, de formation et d'emploi.
Prochaine étape : le changement d'échelle
Depuis sa création en 2019, l'association a développé un réseau d'une soixantaine de marques et partenaires et plus de 30 points de collecte. Plusieurs dizaines de tonnes de textiles ont été collectées et revalorisées. Deux boutiques solidaires ont également été ouvertes en Afrique, au Congo et au Cap-Vert, contribuant à la création de six emplois permanents sur le continent.
« Le prochain objectif est désormais de changer d'échelle, avec davantage de boutiques solidaires en Afrique, la création de l'atelier d'upcycling au Congo et le renforcement des programmes destinés aux jeunes », indique Baptiste.
À terme, il veut contribuer à bâtir un écosystème circulaire entre l'Europe et l'Afrique, où la transition écologique puisse également devenir un levier d'insertion, d'emploi et de développement économique local.
dpa



